mardi 28 avril 2020


Pongo

"Pongo est mort ce matin."

Même si cela ressemble à l'introduction du livre d'Albert Camus - "L'étranger", il n'en est rien. Ce sont les premiers mot d'un SMS que j'ai reçu ce matin...

Pongo était le chien de chasse de mon père. Un joli setter anglais, ayant une robe blanche et lemon belton, très vif, très joueur aussi, très câlin. Il a ainsi été nommé car sa mère s'appelait Perdita, deux références au dessin animé "Les 101 dalmatiens". Mon père l'a acheté, dès lors qu'il était sevré, vers ses 3 mois. Un chien d'un bon pedigree.  Nous le prendrons dans la maison les premiers mois, afin de le sociabiliser, et en profiter un maximum pour le caresser. Il aura même droit au surnom de "bébé" et répondra à ce surnom toute sa vie. Il passera les quinze années de sa vie attaché dans le jardin, se défoulant pour la chasse, et a des rares occasions dans le jardin. Il essuiera les fortes pluies, la neige, et les canicules dans sa niche. Il sera même un piètre chien de chasse, préférant courir les grands espaces, plutôt que de courir le gibier. C'était tellement agréable de le voir courir, libéré, une fois le crochet de sa laisse défait. Courant autour de la piscine, courant sur la berge, puis revenant à vos pieds en remerciement. Puis il recommençait à courir, encore et encore, jusqu'à venir s'allonger dans sa niche, attendant de se faire attacher. J'aurai même réussi à lui apprendre à "tomber", c'est à dire se mettre sur le dos, afin de lui caresser le ventre, la tête...  Il n'aura jamais mordu, blessé, ni grogné personne. Il deviendra sourd peu à peu, à cause de l'âge mais aussi à cause d'otites à répétition. Il était capable de reconnaître le son de ma voiture arriver, et sortait presque tout le temps me faire la fête. Je me revois passer entre la maison et le camping car de mes parents pour aller le caresser parfois avant même d'aller les voir. Il avait une place presque centrale dans le jardin. Impossible de le manquer en allant à la piscine, en ramenant du bois ou en faisant des travaux  avec mes parents. il était toujours là, prêt à recevoir une caresse ou deux, ou juste parfois pour dire bonjour. Il était mon devoir de le nourrir, tous les soirs, quand je vivais encore chez mes parents. Je le voyais donc tous les soirs, qu'il fasse beau ou qu'il pleuve. Ce qui a renforcé le lien qu'il y avait entre nous, et l'amour que je lui portais.

Mais ce matin, il est mort. Je n'aurai pas été là pour l'accompagner dans ces derniers instants, pour lui qui avait toujours su égayer mes journées. Pongo vieillissant, mon père préféra le voir libre, plutôt qu'attaché. Il aurait vraisemblablement était empoisonné par un poison anti-limace qui aurait été répandue chez une voisine.

Je n'ai qu'un seul espoir, c'est de le retrouver après la mort, sous quelque forme que ce soit afin que lui et moi puissions encore nous amuser, comme autrefois.